Mes genoux sont mouillés, j'ai cliqué sur la touche "publier" de mon hébergeur de blog.
Un premier billet catapulté dans ce fol espace et je me retiens déjà pour ne pas prendre mes jambes à mon cou.
Envahie par les peurs je suis, sans parler de ces jugements auto-destructeurs que je m'inflige : "Tu crois que ce que tu écris a un intérêt ? Tu es qui pour ouvrir ce blog ? Si tu penses que… blablabla… Arrête tout de suite c'est nul (tu es nulle ? )."
Je me suis tue, une boule dans la gorge, paralysée par mes propres doutes. Et puis, tout à coup, j'ai vu une petite fille revenir de loin. Elle était assise devant une table de cuisine recouverte d'une toile cirée aux motifs éteints. La petite fille au regard bleu traçait des lignes irrégulières sur un feuillet blanc. Elle était encore trop jeune pour connaître l'alphabet, mais rien ne semblait l'empêcher d'"écrire", malgré tout.
Un bout de langue au balcon de ses lèvres, guidait avec ardeur sa concentration. Cette petite fille là croyait en ce qu'elle faisait, sans se poser de questions, sans se juger. Elle avait confiance en la vie.
Elle écrivait des lignes et des lignes avec des lettres qui n'en étaient sûrement pas pour les adultes alentour. Seulement pour elle, ces lettres imaginaires l'ouvraient au monde des mots, ses mots à elle.
La petite fille laissait sa main danser sur les courbes et les arabesques jusqu'à ce que les dessins magiques l'emmènent loin, là où aucun adulte ne lui dirait qu'elle est une petite fille sage.
En partant de la droite, sa main gauche dévoilait l'envers de sa vie, cette partie intime de soi qui fait fi des apparences, des jugements, de toutes ces étiquettes trop gluantes dont les adultes regorgent.
Aujourd'hui, la petite fille qui a grandi est devenue l'adulte que je suis. Et même si l'écriture a toujours jalonné ma vie, elle a trop souvent été mise en retrait, victime de mes indécisions.
Il est temps de retrouver les rêves de mon enfance. Je m'embarque donc avec mon fil d'Ariane, l'écriture, à la recherche de ce que je suis, cette nature véritable qui ne demande qu'à sépanouir.
Cependant, je ne suis pas seule dans cette quête...